| Le dossier médical face à la gestion des risques juridiques et financiers |
| Écrit par Bertrand Hue |
| Mardi, 14 Mars 2006 00:00 |
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Après des années de léthargie, le dossier médical a de nouveau repris une place prépondérante dans la pratique d'une médecine moderne et responsable. Beaucoup s'accordent à dire qu'il est le reflet de la qualité du travail du médecin. Or c'est le principal élément qui va servir au praticien pour se défendre s'il est mis en cause. Comment le médecin doit-il tenir compte de cela pour optimiser les dossiers médicaux dont il a la charge ? Que ce soit avec la loi 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, donnant un accès direct pour le patient à son dossier, ou avec la loi 2004-810 du 13 août 2004 relative à l'assurance maladie créant le « dossier médical personnel », sans compter les décrets et autres recommandations de la haute autorité de santé (HAS), la notion de dossier médical a subi moult rafraîchissements.Afin de minimiser les risques juridiques et financiers au sein d'un cabinet médical, il nous semble important d'insister sur plusieurs points qui feront qu'un dossier apportera le maximum d'aide au praticien dans sa pratique quotidienne, mais surtout s'il est mis en cause. Le praticien doit apporter un soin particulier à la tenue des ses dossiers (fiche d'observation, comptes-rendus, courriers…), qu'ils soient manuscrits ou informatisés, en tenant compte des obligations légales ou des recommandations sur le sujet. L'HAS a publié, par exemple, des recommandations pour améliorer la qualité de la tenue et du contenu du dossier médical dans les établissements de santé1. Il doit connaître les différences qui existent entre le dossier du patient au cabinet et le dossier de ce même patient à la clinique, par exemple, car il s'agit bien de deux entités différentes. Le dossier du patient doit impérativement contenir les éléments stipulés par le code de la santé publique à l'article L 1111-7, notamment des résultats d'examen, comptes rendus de consultation, d'intervention, d'exploration ou d'hospitalisation, des protocoles et prescriptions thérapeutiques mis en oeuvre, feuilles de surveillance, correspondances entre professionnels de santé. Le dossier de l'établissement de soins comprendra des éléments supplémentaires, comme le nom de la personne de confiance désignée par le patient, par exemple, cette information n'ayant pas un caractère systématique dans un dossier en cabinet (art. L 1111-6 du code de la santé publique). Préserver le bon contenu
Le médecin doit prendre les mesures adaptées à la conservation des dossiers que ce soit en cabinet libéral ou pour une activité libérale au sein d'un établissement de soins, entre autres. L'hébergement des dossiers et le « dossier médical personnel » apportent de nouvelles perspectives dans ce domaine (art. L 1111-8 du code de la santé publique). Nous invitons le lecteur à se reporter à l'article "Faut-il garder un oeil sur ses dossiers"* si ce sujet l'intéresse. En raison du respect que doit avoir tout médecin des recommandations en matière de prévention des infections nosocomiales que ce soit pour la pratique médicale ou pour la pratique chirurgicale, le médecin doit inclure dans le dossier du patient une traçabilité des dispositifs médicaux ou des médicaments utilisés. L'inversion de la charge de la preuve (à savoir qui doit apporter la preuve) fait que le praticien doit affronter de nouvelles responsabilités vis-à-vis des infections nosocomiales, il doit agir et savoir comment organiser son dossier en conséquence5. Le dossier médical comportant obligatoirement une copie de tous les certificats remis par le médecin, il doit être prudent dans la rédaction des certificats médicaux qui sont exigés que ce soit dans les domaines scolaire, sportif, administratif ou à la simple demande du patient. Il faut savoir que la rédaction des certificats médicaux représente l'une des principales sources de réclamations auprès du conseil de l'Ordre des médecins. Un certificat doit se baser sur les données recueillies et donc sur des éléments qui se doivent de figurer au dossier. Aucun certificat de complaisance n'est toléré7.
1 : Evaluation des pratiques professionnelles dans les établissements de santé. Dossier du patient : amélioration de la qualité de la tenue et du contenu - Règlementation et recommandations. Juin 2003 2 : L’accès direct du patient au dossier médical en cabinet libéral* 3 : Article 35 du code de déontologie médicale. 4 : Article 32 du code de déontologie médicale. 5 : Infection nosocomiale et responsabilité de plein droit du praticien libéral* 6 : Responsabilité civile 2006 : de nouvelles difficultés à prévoir ?* 7 : Article 28 du code de déontologie médicale. |
| Mis à jour ( Vendredi, 13 Juin 2008 12:20 ) |
















