| Médecins et paiement à la performance |
| Écrit par Thomas Rollin |
| Mercredi, 10 septembre 2008 02:00 |
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Jusqu'à ces dernières années, l'éthique et le simple bon sens ne permettaient pas d'envisager le paiement du médecin à la performance. Le praticien était payé à l'acte et la notion de forfait était bannie. Les syndicats médicaux, ne réussissant pas à faire valoir la nécessité d'augmenter les tarifs des actes, ont fait évolué ces notions pensant avoir trouvé là un moyen de corréler augmention tarifaire et gestion des dépenses de santé. L'assurance-maladie et les pouvoirs publics ont compris quant à eux qu'il s'agissait d'un formidable moyen pour exiger davantage en matière de soins à un coût plus faible. Ces réformes vont être expérimentées dès cette année. La qualité des soins est soi-disant le moteur de ce changement. Mais est-ce bien le cas ? "Le paiement à la performance ne doit pas être conçu comme une simple "récompense" pour inciter le médecin à adopter de meilleures pratiques ; meilleures pratiques qu'il n'adopterait pas spontanément par manque de motivation ou d'attention. Les motivations propres aux médecins (éthique, souci du patient…) sont certainement en elles-mêmes, dans la majorité des cas, suffisantes pour induire une pratique de qualité. Un point de vue exceptionnel Il s'agit-là d'une approche inhabituel qu'il convient de souligner. Les revenus des médecins sont plus souvent considérés comme anormaux au prétexte qu'ils leur servent à acheter de grosses cylindrées, plutôt que comme un moyen d'investir dans du matériel performant de plus en plus onéreux ou de s'entourer d'un personnel paramédical compétent afin d'améliorer la qualité des soins grâce au travail aidé. D'autres passages de ce rapport apportent des éléments qui montrent que c'est plutôt la performance économique du médecin qui est actuellement recherchée sous couvert de bonnes pratiques. "Les expériences étrangères montrent que la notion de performance peut être comprise dans une acception plus ou moins large. Elle inclue naturellement la qualité clinique mais y intégrer l'efficience est plus Une critique des modèles pris pour exemple Il est intéressant que les deux systèmes de santé pris comme référence pour le paiement à la performance soient celui du Royaume-Uni et celui des États-Unis d'Amérique. Le système anglais, déjà pris comme modèle pour la mise en place du médecin traitant, est un système qui est loin d'avoir fait ses preuves. Mauvaise qualité de prise en charge des patients, délai pour réussir à être opéré excessivement long en fonction de la pathologie, développement d'un secteur privé important face à l'échec du système public, les exemples sont nombreux pour ne pas avoir envie de prendre exemple sur ce pays. Et pourtant... Quant au système américain, il est régulièrement pris en exemple pour montrer aux Français la chance qu'ils ont d'avoir une Sécurité sociale toute puissante. Pourquoi donc vouloir s'inspirer d'un tel système ? S'intéresser à ce que pense le médecin "de base" Ce rapport insiste sur la place centrale qui doit être donnée aux médecins et à la prise en compte de leurs avis lorsqu'un tel système est mis en place. Là encore, ce travail s'éloigne des positions politiques et administratives actuelles qui mettent la Sécurité sociale au centre de toutes les décisions concernant le système de santé. L'autre élément qui pourrait freiner un tel dispositif est lié au problème de représentativité des instances censées parler pour les praticiens. Beaucoup de médecins semblent ne pas toujours comprendre les décisions syndicales ou ordinales. Pour parodier une phrase devenue célèbre, il y a les médecins d'en haut et les médecins d'en bas. Pour l'Igas, "L'analyse du paiement à la performance montre toutefois que les conditions sont loin d'être réunies en France pour l'introduction d’un dispositif de ce type. [...] Ce constat n'interdit pas d'envisager une introduction de la rémunération à la performance comme le législateur l'a souhaité en inscrivant dans la loi de financement pour 2008, la perspective de contrats individuels ou l'expérimentation de nouvelles formes de rémunération. Il met en exergue les limites de la démarche et doit inciter à une grande vigilance sur les autres dimensions de la réussite de ce type de démarche : la pertinence des objectifs et des indicateurs sélectionnés ainsi que la construction d'un consensus autour de ces indicateurs". Le paiement à la performance : une fausse bonne idée ?
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| Mise à jour le Mardi, 06 juillet 2010 10:11 |


















Aussi, il paraît plus pertinent de considérer que le paiement à la performance agit comme une incitation à investir adressée aux médecins. Le médecin, du fait de la perspective de gains que constitue le paiement à la performance, pourrait soit travailler plus, soit investir dans sa pratique (recrutement de personnels auxiliaires, acquisition d'outils relevant des NTI) pour améliorer ses résultats".
l'accompagnement des patients. Il valorise essentiellement 
