| Vente des dispositifs médicaux et des médicaments par Internet |
| Écrit par Droit-medical.com |
| Jeudi, 10 juillet 2008 00:00 |
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Le forum des droits de l'Internet, association loi de 1901, a réuni un groupe de travail afin de réfléchir à la vente des médicaments et des dispositifs médicaux par Internet en France. La conclusion de ce travail, intitulé "Recommandation - Commerce en ligne et produit de santé", n'est pas très explicite : "Le Forum recommande la signature d’un accord multiacteur ayant pour objectif de mobiliser tous les acteurs concernés par la vente des produits de santé pour une bonne diffusion de l’information et de définir, avec un calendrier opérationnel, la liste des engagements à respecter pour aboutir à une commercialisation maîtrisée des produits de santé en ligne d’une part, à la prévention et à la lutte contre les activités illicites d’autre part." Ce qui est intéressant c'est de lire l'ensemble de la recommandation. Cette lecture attentive implique quelques remarques : Il existe quelques idées cocasses au sein de ce document comme, par exemple, celle qui consisterait à obliger le client à aller retirer sa commande (passée en ligne) au sein d'une officine pour les médicaments ou chez un opticien s'il s'agit de lentilles de contact. D'autres pistes seraient tout à l'avantage des participants : plus de liberté quant à la publicité pour les dispositifs médicaux sur Internet ou une exception au droit de rétractation de la vente à distance pour les produits de santé. Un résumé de cette recommandation qui n'étonnera personne aux vues de la composition du groupe de travail, pourrait être le suivant : oui à la vente des dispositifs médicaux (en particulier, les lentilles de contact et leurs produits d'entretien) par Internet, à condition que le client n'ait d'autre choix que de passer par un distributeur français déjà existant. Il convient de se méfier de tout ce qui n'est pas franco-français et, tout en donnant l'impression de tenir compte de l'Union européenne, il faut protéger au maximum les intérêts d'un secteur commercial dont les marges bénéficiaires et les chiffres d'affaires souffrent de l'actuelle concurrence de sites basés dans d'autres pays européens. En bref, une nouvelle recommandation qui fait la part belle à une vision commerciale du problème plus qu'à une vision en terme de santé publique dans le domaine du médicament et des dispositifs médicaux.
[Complément d'information du 18 novembre 2008] La position du forum des droits de l'Internet est moins tranchée qu'avant concernant les dispositifs médicaux et, tout particulièrement, les lunettes et les lentilles de contact suite à un avis motivé de la Commission européenne du 18 septembre 2008 pour entraves à la vente en ligne de produits d'optique-lunetterie. Le lecteur peut se reporter à deux nouvelles pages, publiées le 3 novembre 2008, sur le site du forum des droits de l'Internet : "Je suis un professionnel français, puis-je vendre des produits de santé sur mon site de vente en ligne ?" et "Fiche de synthèse – cadre général de la commercialisation en ligne des produits de santé" [Ces documents ne sont malheureusement plus disponibles en ligne, NDLR]. Concernant les lentilles de contact, l'internaute peut lire aussi "Lentilles de contact et vente par Internet". Commentaires (4)
![]() Par David Melison, 27 février 2009
Peut-être ai-je fait preuve d'aveuglement mais je ne vois pas autre chose dans la Convention conclue entre la CNAF et la FNOF (et a.) que la reprise développée du principe posé par le CSP. Il est clairement indiqué que "Les opticiens s'engagent à renoncer aux supports publicitaires et campagnes promotionnelles grand public faisant référence au remboursement de leurs prestations par les organismes d'assurance maladie obligatoire ou constituant une incitation à une consommation abusive. Je maintiens que la publicité n'est donc pas "interdite pour les [produits d'optique-lunetterie] pris en charge", dès lors qu'elle ne fait pas référence au remboursement des prestations ou ne constitue pas une incitation à une consommation abusive...
Je n'entrerai pas dans les polémiques sectorielles sur le remplacement des dispositifs pour convenance personnelle qui ne sont pas dans le champ des travaux menés par le FDI. Je maintiens également que le rapport ne préconise pas d'instaurer une obligation de retirer les médicaments commandés en ligne à l'officine mais qu'il se contente de recommander "de privilégier les solutions de commande en ligne [...] qui permettent de respecter pleinement les obligations des professionnels de santé et l’inscription des médicaments commandés au dossier pharmaceutique du patient". L'incise que vous citez contient des illustrations de ces solutions qui permettent de respecter pleinement les obligations des professionnels de santé : "avec un retrait à l’officine ou un portage ou encore une dispensation au domicile des produits soumis à monopole par l’officine ou le magasin du prestataire". Ça n'est pas exhaustif. Le paragraphe suivant indique de surcroît que la question de la nécessité d'un contact physique entre le professionnel et le patient n'a pas été tranchée. Ensuite, je ne vois vraiment pas en quoi un partenariat avec Doctissimo heurte votre entendement. Notre but était de toucher la communauté la plus large d'internautes intéressés par les questions de santé. Le Forum n'a reçu aucune contrepartie financière de la part de Doctissimo ni des membres du groupe de travail. Il est financé à près de 85 % par l'Etat, ce qui garantit son indépendance. Enfin, est-il utile de relever la critique personnelle ? Le discrédit sur les qualités du locuteur est un procédé rhétorique connu. En quoi mon arrivée dans une entreprise musicale change-t-il quoi que ce soit à l'analyse du groupe que j'ai animé ? Vous n'avez pas le monopole du droit de la santé. Je n'ai pas la prétention d'en être un expert et ce n'est d'ailleurs pas le sujet, les participants du groupe étant parmi les mieux compétents pour en débattre. Le maître mot de ce rapport, c'est justement que les produits de santé ne sont pas des produits comme les autres et qu'il est impératif d'adopter une démarche prudente, respectueuse des intérêts de santé publique. J'ai bien trop de respect pour la santé publique et les professions médicales pour mélanger les produits de santé avec les autres produits. Ecrivez un commentaire
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| Mise à jour le Dimanche, 19 décembre 2010 17:01 |






















En premier lieu, je m'étonne que vous n'ayez même pas pris la peine de contacter le FDI pour lui faire part de vos doutes, qui reposent pour partie sur une incompréhension de la méthode et des objectifs poursuivis. Je trouve ainsi votre commentaire sur notre partenariat avec Doctissimo assez malhonnête intellectuellement. Le forum de discussion ne constitue pas "la base de réflexion" du rapport. Les contributions sont évoquées avec prudence et servent davantage à illustrer les propos. Des réserves sur la pertinence de la consultation sont d'ailleurs émises dès l'introduction.
Cette recommandation avait pour but de défricher un sujet très peu traité jusqu'à présent par les pouvoirs publics français. A ma connaissance, c'était la première fois que les professionnels concernés se retrouvaient autour d'une table pour dialoguer avec les différents services des ministères et autorités concernés par le sujet. Les seuls travaux dignes de ce nom avaient été accomplis par l'Académie de pharma.
Certes, la composition du groupe n'était pas parfaite. A l'évidence, il aurait été utile d'associer l'assurance maladie et davantage de professionnels de santé. D'autres acteurs incontournables ont été oubliés (à commencer par l'Ordre des vétérinaires et le ministère de l'Agriculture). Tous les groupes de travail souffrent de ces difficultés de constitution. Nous avions conscience de cette insuffisance et avons d'ailleurs rappelé très clairement qu'il faudrait approfondir la réflexion secteur par secteur.
Il n'en demeure pas moins que nous avons pu accoucher relativement rapidement d'un document qui offre des pistes sérieuses d'évolution du cadre législatif français. Je vous rappelle qu'actuellement, le Code de la santé publique est muet sur la vente à distance de produits de santé (à part des dispositions antiques sur le portage à domicile et le colportage de verres correcteurs !), dans un contexte de forte pression communautaire en faveur d'une ouverture de la vente en ligne.
Vous semblez également réduire notre réflexion à l'optique. L'essentiel était au contraire axé sur le médicament et l'activité officinale. Les recommandations sont le fruit d'un consensus, parfois difficile à obtenir, notamment sur la délivrance du produit au patient. Il ne me semble pas que nos conclusions soient aussi caricaturales que celles que vous exposez. Contrairement à vos allégations, nous n'avons pas recommandé d'obliger "le client (sic) à aller retirer sa commande au sein d'une officine". Le Forum recommande "de privilégier les solutions de commande en ligne, avec un retrait à l’officine ou un portage ou encore une dispensation au domicile des produits soumis à monopole par l’officine ou le magasin du prestataire, qui permettent de respecter pleinement les obligations des professionnels de santé et l’inscription des médicaments commandés au dossier pharmaceutique du patient". Privilégier ne signifie pas qu'il s'agit de la seule solution envisageable.
Et le rapport poursuit ainsi : "Le Forum constate que la condition d’un contact physique entre le professionnel de santé et le patient est fortement débattue et qu’un consensus ne peut pas être dégagé sur ce point. Il appartiendra au régulateur de se déterminer sur cette question, soit de manière globale, soit pour certains types de produits de santé."
En termes moins diplomatiques, cela signifie que nous n'avons pas réussi à mettre tout le monde d'accord sur ce point et que nous renvoyons la balle à l'Etat pour trancher le problème (c'est un des défauts d'une démarche consensuelle, j'en conviens volontiers).
Enfin, quand vous reprochez à ce travail de mettre de côté les impératifs de santé publique, je pense que vous vous fourvoyez. C'est justement pour préserver la santé publique que nous avons retenu un périmètre d'ouverture très étroit, limité aux médicaments non soumis à prescription obligatoire et excluant un certain nombre de dispositifs pour lesquels une adaptation et/ou une formation à l'utilisation sont indispensables. La même logique nous a conduits à recommander aux pouvoirs publics de prendre en compte la vente provenant d'autres Etats membres de l'Union européenne, qu'il conviendra d'autoriser (contrairement à ce que vous indiquez) mais sous réserve que le niveau de protection de la santé publique soit équivalent au niveau français. De la même manière, la lutte contre l'offre illicite est primordiale quand on connaît le nombre de contrefaçons de médicaments en circulation sur le net.
Je passerai sous silence les erreurs sur "l'interdiction faite aux opticiens conventionnés de faire de la publicité pour les dispositifs pris en charge", alors que c'est uniquement la publicité sur la prise en charge qui est interdite et non sur le dispositif lui-même (c'est d'ailleurs indiqué dans le rapport, p. 13).
Pour conclure sur une note plus positive, je vous rejoins à propos de "l’élaboration d’un système de déclaration simple, en ligne, des accidents de matériovigilance", que nous aurions pu recommander.