| Opticiens et exercice illégal de la médecine |
| Écrit par Matthew Robinson |
| Jeudi, 26 janvier 2012 10:21 |
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Le glaucome n'est pas une maladie anodine, puisque l'Organisation mondiale de la santé estime le nombre de personnes aveugles en raison d'un glaucome primitif à 4,5 millions, ce qui représente plus de 12 % de la cécité mondiale. L'un des pièges de cette pathologie, c'est le long laps de temps pendant lequel le patient n'est pas conscient d'être atteint par cette maladie qui entraîne petit à petit la mort de ses fibres optiques. L'élévation de la pression intraoculaire (PIO) mesurée par la tonométrie étant un des facteurs de risque de cette pathologie le plus souvent silencieuse dans sa forme chronique, il peut être tentant d'organiser un dépistage à grande échelle à l'image de ce que proposait Santeclair. Mais l'approche scientifique montre qu'il n'en est rien : la mesure de la pression intraoculaire seule n'est pas une bonne technique, d'après l'étude réalisée par la Haute Autorité de santé sur des publications antérieures à 2006. Pour la Cour de cassation, « d'une part, la mesure de la tension intraoculaire est un acte médical en ce qu'il prend part à l'établissement d'un diagnostic, d'autre part, la liste des actes médicaux réservés aux médecins par l'article 2 de l'arrêté du 6 janvier 1962 n'est pas limitative, enfin, la liste des actes médicaux qui peuvent être exécutés par des auxiliaires médicaux qualifiés et uniquement sur prescription du médecin, laquelle est limitative, ne comprenait pas la mesure de la pression intraoculaire, la chambre de l'instruction n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations ». La Cour précise aussi que le fait pour des opticiens de mesurer la pression intraoculaire par tonomètre à air sans contact constitue le délit d'exercice illégal de la médecine au vu de l'article L 4161 du code de la santé publique. L'affaire est renvoyée devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles. Cette jurisprudence vient compléter celles qui existent déjà, tout particulièrement lorsqu'il est question d'optométrie. Cette décision de la Cour de cassation laisse penser que les difficultés démographiques auxquelles sont confrontées les professions médicales ne justifient pas pour autant de sacrifier la santé publique. Voilà qui est rassurant.
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| Mise à jour le Jeudi, 26 janvier 2012 19:20 |


















L'affaire sur laquelle a eu à se prononcer la chambre criminelle de la Cour de cassation, le 11 janvier 2012 (pourvoi nº 
