| Rémunération au mérite des praticiens hospitaliers |
| Écrit par Droit-medical.com |
| Lundi, 19 juillet 2010 10:28 |
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Les représentants des praticiens estimaient que l'indépendance professionnelle des médecins hospitaliers dans l'exercice de leur art était compromise par cette rémunération au mérite. Mais le Conseil d'État a balayé ces craintes aux motifs que « l'indemnité étant accordée, par spécialité, aux équipes de praticiens nommés à titre permanent qui s'engagent par contrat passé avec le directeur de l'établissement et le responsable de pôle, il en résulte que les objectifs d'activité et de qualité qui y figurent sont déterminés de manière concertée entre les médecins et les responsables administratifs de l'établissement dans le respect du code de déontologie [...] ». De plus, « ces dispositions, qui, d'ailleurs, n'affectent qu'une partie de la rémunération globale versée aux praticiens hospitaliers, celle-ci étant d'abord fondée sur des émoluments mensuels variant selon l'échelon des intéressés, ne concernent pas l'exercice même des pratiques médicales et n'ont ainsi ni pour objet, ni pour effet, malgré le rôle dévolu au directeur de l'établissement dans la fixation négociée des objectifs, de porter atteinte à l'indépendance professionnelle dont bénéficient les médecins [...] ». Autre principe remis en cause par ceux qui contestaient cet arrêté : le principe d'égalité. Pour le Conseil d'État, il est légitime de distinguer les praticiens hospitaliers nommés à titre permanent de ceux employés contractuellement et des chefs de clinique des universités-assistants des hôpitaux. Il estime aussi « que le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire traite de manière différente des agents appartenant à un même corps si cette différence de traitement est justifiée par les conditions d'exercice des fonctions, par les nécessités ou l'intérêt général du service et si elle n'est pas manifestement disproportionnée au regard des objectifs susceptibles de la justifier », ce qui ne cesse de surprendre nombre de juristes dans ce cas précis. Enfin, que face à la complexité du dispositif d'appréciation du mérite, il n'est pas fait atteinte au principe d'égalité si seuls les chirurgiens sont amenés à tester ce dispositif dans un premier temps, avant qu'il ne soit généralisé aux autres praticiens. Dernier point, « Considérant que l'arrêté du 28 mars 2007, publié au Journal officiel de la République française du 29 mars 2007, dispose dans son article 7 qu'il s'applique aux praticiens hospitaliers de chirurgie à compter du 1er janvier ; que, toutefois, son article 6 dispose : L'indemnité est versée annuellement au terme d'une année civile et au plus tard à la fin du premier trimestre de l'année qui suit ; qu'ainsi, et alors même que les indicateurs pris en compte pour apprécier le respect des objectifs d'activité et de qualité correspondent, pour une part, à une période antérieure à sa date de publication, l'arrêté ne méconnaît pas le principe de non-rétroactivité des actes administratifs ». La rémunération au mérite des praticiens est donc bien en marche. Quant à savoir si la complexité du système mis en place pour la rendre effective, associée à des facteurs idéologiques non négligeables, permettra d'obtenir un résultat satisfaisant, rien n'est moins sûr. Dans le secteur de la santé, comme ailleurs, la mise en place de la rémunération au mérite est promise à un parcours semé d'embûches. Une vraie saga, avec de la passion, du suspens, de l'action et de la vilenie... Un feuilleton à suivre.
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| Mise à jour le Lundi, 19 juillet 2010 10:40 |


















Même si la décision du Conseil d'État remonte au 30 décembre 2009 (n° 
