Au lieu de proposer
un abonnement,
Droit-medical.com
a choisi de compter sur la satisfaction de ses lecteurs

Merci de nous aider à publier toujours plus d'articles indépendants

Convivialité

Ajouter à : Facebook Ajouter à : Mr. Wong Ajouter à : Windows Live Ajouter à : Digg Ajouter à : Delicoius Ajouter à : Reddit Ajouter à : Slashdot Ajouter à : Netscape Ajouter à : Yahoo Ajouter à : Technorati Ajouter à : Newsvine Ajouter à : Folkd Ajouter à : Google Ajouter à : Blinklist Information

Pour vous identifier

Vous enregistrer vous permet de poster plus d'un commentaire sur notre site ou de recevoir notre lettre d'information.



Droit-medical.com sur FacebookDroit-medical.com est sur Twitter
Abonnez-vous au flux RSS de Droit-medical.com

iPhone

widget Mac

Partenaires

Santé au travail
AtouSante.com est un site spécialisé en santé au travail.
Dermatologie
Abimelec.com : site d'un dermatologue particulièrement bien documenté sur le traitement de la chute de cheveux, sur l'epilation laser, sur le psoriasis ou sur l'acné.
Gynécologie
Aly-abbara.com est un site réalisé par un gynécologue-obstétricien. Son atlas d'échographie gynéco-obstétrical est très richement documenté, tout comme son livre interactif de gynécologie - obstétrique ou ses nombreux utilitaires médicaux. Ce médecin érudit sait aussi consacrer une part de son temps à d'autres sujets médicaux ou de culture générale.
DPC
Le développement professionnel continu devient une obligation légale pour tous les professionnels de santé. Chaque spécialité a son forum dédié.
Blogs

Généralistes 2002 :
un blog d'actualités en médecine générale.

Le blog de Presse et Multimedia :
nombreuses informations en santé, souvent traitées avec humour, plus quelques-unes concernant le droit, les nouvelles technologies, l'Internet, le design et tout le reste...

À lire aussi...

Tous droits réservés
Presse et Multimedia
2008-2009

Publicité

Consentement et information du patient : le médecin et l'État responsables en Europe
Écrit par Droit-medical.com   
Vendredi, 21 août 2009 06:00

Responsabilité du médecin et devoir d'information en EuropeLa Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a rendu un arrêt le 2 juin 2009 riche en enseignements. Une citoyenne roumaine, avocate, « alléguait en particulier, sous l'angle des articles 6 et 8 de la Convention, la durée excessive et l'inefficacité de la procédure tendant à engager la responsabilité du médecin qui lui avait fait subir une intervention de chirurgie plastique aux paupières sans demander valablement son consentement et sans l'informer sur les possibles conséquences »1.

En 1996, après avoir subi diverses interventions réalisées par un chirurgien plasticien dans un hôpital municipal en Roumanie, dont une au niveau des paupières appelée blépharoplastie, la patiente se rend compte qu'elle ne peut plus fermer les paupières correctement. Ce problème, appelé lagophtalmie, pouvant mettre en danger l'intégrité oculaire, de nouvelles interventions des paupières sont pratiquées par le même chirurgien. Malheureusement, la patiente finit par présenter une paralysie faciale et d'autres séquelles nécessitant un traitement médical. Après plusieurs expertises aux conclusions différentes, il est admis que des erreurs chirurgicales ont été commises, ce qui aboutit à ce que la patiente porte plainte au pénal avec constitution de partie civile contre le médecin qui l'a opérée. Elle allègue « avoir souffert d'une atteinte à l'intégrité corporelle » dont elle garde « une infirmité permanente. »
En première instance, fin 2000, le médecin obtient un non-lieu en raison d'un nouveau rapport d'expertise et « au motif que la plainte pénale était tardive, compte tenu de ce que les faits dénoncés devraient être qualifiés d'atteinte involontaire à l'intégrité corporelle ». Ce n'est qu'en 2003 que l'appel de la patiente est accepté, mais un nouveau non-lieu intervient en 2004 « au motif que la prescription de la responsabilité pénale du médecin était intervenue ». Cette décision est, bien entendu, contestée par la plaignante, mais rien n'y fait. Le tribunal conseille, néanmoins, à la requérante de poursuivre ses prétentions par la voie d'une action en responsabilité civile délictuelle.
Elle assigne le chirurgien et l'hôpital et demande la réparation du préjudice. Son action est accueillie en 2005. Un appel et une cassation plus tard, le tribunal retient « que la requérante gardait des séquelles des opérations chirurgicales défectueuses réalisées par le docteur B., à savoir une souffrance physique permanente et une apparence inesthétique de nature à entraver ses relations personnelles et professionnelles habituelles, compte tenu aussi du fait qu'elle était avocate ». Le tribunal réaffirme « que le médecin avait commis des erreurs médicales et retint qu'il aurait dû obtenir le consentement par écrit de la requérante pour les opérations de chirurgie plastique qui étaient une pratique nouvelle à l'époque où elles avaient été réalisées et aussi l'informer au sujet des risques encourus ». Le médecin est condamné à réparer le préjudice, mais il va s'avérer qu'il s'est arrangé pour ne plus être solvable à la fin des différents recours en 2007. Il n'en fallait pas plus pour que l'avocate victime saisisse la CEDH.

La Cour, après examen du dossier, a estimé que la durée globale de la procédure était de plus de neuf ans et demi et jugé « que la cause de la requérante n'a pas été entendue dans un délai raisonnable » en violation de l'article 6 § 1 de la Convention. Pour elle, il y a eu aussi violation de l'article 8, car la CEDH rappelle qu'entrent dans le champ de l'article 8 de la Convention les questions liées à l'intégrité morale et physique des individus, à leur participation au choix des actes médicaux qui leur sont prodigués ainsi qu'à leur consentement à cet égard. Les États ont l'obligation d'adopter des mesures réglementaires propres à assurer le respect de l'intégrité physique des patients en les préservant « autant que faire se peut, des conséquences graves que peuvent avoir à cet égard les interventions médicales. » Elle rappelle de plus que « l'imposition d'un traitement médical sans le consentement du patient s'il est adulte et sain d'esprit s'analyserait en une atteinte à l'intégrité physique de l'intéressé pouvant mettre en cause les droits protégés par l'article 8 § 1 » selon l'arrêt Pretty. Si le médecin travaille dans un établissement public et qu'il ne se respecte pas son devoir d'information, l'État « peut être directement responsable sur le terrain de l'article 8 du fait de ce défaut d'information ».
Dans le cas de cette patiente, le fait que le médecin se soit rendu volontairement insolvable pour ne pas indemniser la patiente et que la passivité des autorités judiciaires ait bénéficié à ce dernier n'a pas joué en faveur de la Roumanie.

Cette jurisprudence est donc particulièrement intéressante au moment ou le droit du patient européen est en pleine construction.

 

 


1 - Affaire Codarcea c. Roumanie, nº 31675/04, Strasbourg, 2 juin 2009.

 

Commentaires (0)Add Comment

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy
Mise à jour le Vendredi, 21 août 2009 00:49
 

Publicité