| Recours de l'employeur contre un médecin salarié |
| Écrit par Droit-medical.com |
| Lundi, 22 Décembre 2008 02:00 |
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Par le célèbre arrêt Costedoat du 25 février 2000, l'assemblée plénière de la Cour de cassation a décidé que « n'engage pas sa responsabilité à l'égard des tiers le préposé qui agit sans excéder les limites de la mission qui lui a été impartie par son commettant ». Il est depuis convenu que le médecin salarié (le préposé), qui agit sans excéder les limites de la mission qui lui est impartie par un établissement de santé privé (le commettant), n'engage pas sa responsabilité à l'égard du patient (le tiers). Cristina Corgas-Bernard, maître de conférences à la faculté de droit de l'université du Maine au Mans, revient à la fin d'une chronique de jurisprudence publiée dans la revue Médecine & Droit des mois de septembre-octobre 2008 1 sur une décision de la Cour de cassation surprenante au regard de l'arrêt Costedoat. La 1re chambre civile de cette instance, le 12 juillet 2007 (no de pourvoi : 06-12624 06-13790), s'est intéressée au recours contre l'assureur du préposé. Ces décisions ne privent pas l'employeur de la possibilité de rechercher l'existence d'une faute commise par le salarié. La 2e chambre civile de la Cour de cassation, le 20 décembre 2007 (no de pourvoi : 07-13403), a décidé que « l'employeur-commettant qui a indemnisé la victime d'un dommage provoqué par son salarié-préposé, en application des dispositions de l'article 1384, alinéa 5, du code civil, ne dispose d'aucune action récursoire contre ce salarié devant la juridiction de droit commun dès lors qu'il ne peut se prévaloir d'une subrogation dans les droits de la victime, laquelle ne dispose d'aucune action contre le préposé qui a agi dans les limites de la mission qui lui était impartie, hors le cas où le préjudice de la victime résulte d'une infraction pénale ou d'une faute intentionnelle. Dès lors, l'appréciation éventuelle de l'existence d'une faute commise par le salarié dans l'exécution du contrat de travail relève de la compétence d'attribution de la juridiction prud'homale ». Si le salarié n'est pas responsable quand il agit dans les limites de sa mission, « le commettant s'exonère de sa responsabilité à la triple condition que son préposé ait agi hors des fonctions auxquelles il était employé, sans autorisation, et à des fins étrangères à ses attributions. » Ainsi en a décidé l'assemblée plénière en audience publique le 19 mai 1988 (no de pourvoi : 87-82654). Dans une telle situation, le médecin salarié est donc responsable de ses actes à titre individuel.
1- Médecine & Droit. No 92. p.131-138. 2- La subrogation est, dans une relation juridique, la substitution d'une personne ou d'une chose par une autre.
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| Mise à jour le Mardi, 20 Janvier 2009 22:16 |




















